Origine de l'espèce

S'il est vraisemblable que l'île de Skyros a hébergé ces chevaux depuis l'Antiquité, aucun document en revanche ne témoigne du début de leur coopération avec l'homme. Autrefois, lorsque les chevaux de Skyros trouvaient suffisamment d'eau et de nourriture sur l'île, ils passaient l'hiver en liberté, dans la partie montagneuse au sud de l'île. A l'arrivée de l'été, ils migraient vers la partie plus fertile du nord, où les villageois leur donnaient à manger et à boire. En échange ils se laissaient approcher par les paysans et participaient aux travaux agricoles, principalement au battage des céréales.

Le cheval de Skyros était utilisé pour les récoltes de blé, d'orge et de pois chiches dont le battage durait en moyenne quarante à cinquante jours. Attachés en ligne de cinq ou dix, les chevaux martelaient le grain sur une surface argileuse circulaire : l'aloni. A la mi-août, la fête des récoltes clôturait leur dur labeur. Les enfants faisaient alors participer les chevaux les plus rapides à des courses endiablées. Après les premières pluies de septembre, les chevaux regagnaient d'eux-mêmes le " Vouno " (montagne), dans le sud aride et montagneux de l'île.

Ces pratiques ont bien sûr disparu avec l'introduction des moissonneuses batteuses vers 1960. Les chevaux qui faisaient autrefois la fierté des Skyriotes ont été abandonnés à leur sort. De plus de 1000 chevaux, la population s'est rapidement réduit à une centaine d'individus, dont seulement trente sont de race pure (recensement effectué en 1998).

Ayant évolué pendant des siècles dans le paysage accidenté et caillouteux de l'île, les chevaux de Skyros ont des jambes musclées dotées de sabots noirs très durs. Avec une hauteur au garrot comprise entre 100 et 120 cm, les chevaux de Skyros sont puissants par rapport leur taille. Il ont un système digestif efficace qui résiste bien aux parasites. Par ailleurs, comme ils ne trouvent pas suffisamment de fourrage en liberté et sont régulièrement en situation de survie, ils peuvent se contenter de peu de nourriture. Quant à leur tempérament, ils sont intelligents et doux. Leur petite taille les rend également plus " accessibles " que d'autres équidés et au cours de leurs nouvelles activités (équitation et hippothérapie pour enfants et jeunes handicapés), les spécialistes constatent qu'ils font preuve de beaucoup de patience et de docilité.



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